jeudi 25 juin 2009, 16:28
Nouveau Jeu de Société « bling-bling » : Organiser des Chaises musicales afin de mieux faire passer la ritournelle de la rigueur…
Avant de quitter la rue de Grenelle, Xavier Darcos se targue, dans un entretien à La Tribune paru ce matin, de faire de l’éducation nationale le plus gros pourvoyeur de suppressions de postes dans la fonction publique en 2010.
Ainsi, ce sont 16 000 postes, dont 14 000 d’enseignants stagiaires et 600 d’agents administratifs, qui seront ainsi « économisés ».
Le ministre affirme que cette politique ne dégradera en rien l’offre éducative. C’est faux.
La suppression des enseignants stagiaires aura en effet deux conséquences immédiates. D’une part, sur la formation continue des enseignants : en effet ce sont les enseignants stagiaires qui assurent le remplacement des enseignants titulaires lorsqu’ils sont en formation. D’autre part, la « mastérisation » s’accompagnera bien de la disparition de l’actuelle année de formation en alternance.
Par ailleurs, ce nouveau tournant de rigueur imposé à l’Éducation Nationale pourrait bien sonner le glas de l’enseignement agricole public. Cet enseignement est souvent une voie de réussite pour des jeunes en situation d'échec scolaire et répond à la diversité des territoires. II intéresse également les groupes privés n’ayant quant à eux pour seul objectif de « formater » les élèves afin de les adapter au marché juteux et à la sauce verte de l’Écologie.
Une fois de plus, c’est le grand écart entre les paroles et les actes de la majorité, c’est le non dit qui permet de faire accepter plus facilement au plus grand nombre les lois de la concurrence dans l’éducation.
Depuis 2008, ce sont plus de 40 000 postes qui ont été supprimés au niveau national et notre académie paie un lourd tribut à ce démantèlement du service public d’éducation qu’accompagnent les pouvoirs exécutifs Régionaux et Départementaux qui tentent de compenser ces abandons par des mesures qu’ils décrètent selon le refrain connu : « on ne peut pas faire autrement » et il nous faut gérer les dégâts ! Tout cela s’inscrit dans le vaste mouvement de Décentralisation décidé dès 1982 sous l’ère Mitterrand et qui s’est poursuivi pendant trente ans afin de morceler les problèmes fondamentaux qui se posent et diviser les différents acteurs concernés. Nicolas Sarkozy ne fait que pousser la logique de base définie par ses différents prédécesseurs mais bien entendu avec plus de volontarisme.
Le nouveau ministre, Luc Chatel, a d’ores et déjà confirmé la poursuite de cette politique de rigueur budgétaire dramatique pour l’École.
Ce n’est pas ainsi qu’on fera reculer les inégalités à l’école. L’école a tout au contraire besoin de moyens, de formation, de qualifications reconnues et de statut revalorisé pour ses personnels.


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