Toutes ces gesticulations et toute l’éloquence de notre Président ne doivent pas masquer l’essentiel : c’est bien Nicolas Sarkozy et ses amis qui ont défendu bec et ongles ce système jusqu’à la faillite de Lehman- Brothers à la mi-septembre. Ce sont bien les mêmes qui ont promu l’argent-roi comme valeur cardinale de notre société et promu la performance financière, l’enrichissement comme qualité première, tout en tenant un discours de façade destiné à séduire des millions d’électeurs issus pour la plupart du monde du travail. Nicolas Sarkozy était en 1993 Secrétaire d’État au budget, avec comme premier ministre Edouard Balladur. Il a libéré la législation française pour permettre la mise en place des stock-options. La crise du système capitaliste n’est pas passagère elle est structurelle car elle porte en elle les germes qui font qu’une minorité de grands possédants est dans l’obligation de toujours dominer plus afin de durer le plus longtemps possible. Les licenciements et les délocalisations continuent, même lorsque les dividendes sont redistribués ou des aides publiques accordées sans contrôle et sans contre partie à une poignée d’actionnaires. Le bouclier fiscal, caricature insolente de l’injustice, a fait l’objet d’une proposition de loi d’abrogation de la part des Sénateurs communistes. Certes les mines étaient « évasives » sur tous les bancs de l’Assemblée lorsque la Loi a été discutée… mais discipline oblige il fallait refuser cette loi pour ne pas déplaire au Président, elle ne fut donc pas adoptée. Mais qu’on le veuille ou non cette initiative a mis une certaine pression sur le Pouvoir. C’est donc « a minima » que le Gouvernement, pressé par l’opinion publique, a décidé de faire passer ensuite un décret pour limiter les « excès » de certains dirigeants. Eh bien non, les ficelles deviennent décidément trop grosses et les Sénateurs dans leur majorité ont désavoué l’UMP et le Gouvernement en proposant de passer par la Loi Républicaine et de refuser ainsi les petits « arrangements » entre amis et ce au bon gré du MEDEF. « Petit coup de canif » à l’encontre de « notre Président » me confiait un collègue à l’issue de la séance… Certes. Ce texte est loin d’être suffisant mais il marque au moins un coup d’arrêt aux arrogances du Pouvoir. Il se situe surtout dans un rapport de forces précis car le MEDEF et l’UMP craignent la montée en puissance du mouvement social. Bien sûr il n’y a toujours rien pour le pouvoir d’achat, rien pour une relance industrielle massive créatrice d’emplois, rien pour des droits nouveaux pour les salariés, rien pour les retraites, rien pour arrêter la casse des services publics… Les Sénateurs du groupe CRC-SPG proposent néanmoins d’agir vraiment et de relayer les attentes et revendications du monde du travail et des familles de notre pays, dans toutes les institutions où ils sont présents. Je reviendrai dans un prochain billet sur nos propositions de Loi et sur les actions que nous engageons sur le terrain.