vendredi 3 juillet 2009, 12:24
Quand ce sont les grands groupes industriels qui font la Loi
Le plan dit de relance du secteur automobile doté de la bagatelle de 6milliards d'euros attribués aux constructeurs automobiles- PSA et Renault- devait officiellement sauver l'emploi dans ce secteur. Il ne se passe pas un jour sans que l'on annonce des liquidations judiciaires et bien entendu des licenciements. Je suis intervenu avec mes collègues sénateurs du Groupe communiste à maintes reprises et à tous les niveaux en relayant les revendications des salariés et pour faire remonter les situations réelles que je rencontrais sur terrain. Dans ce billet je reproduis une lettre que j'ai adressée au Préfet du Pas de Calais demandant une réunion pour traiter le problème de l'entreprise Bosal près de Béthune. Cette situation est malheureusement pour les salariés une illustration de ce qu'est réellement la politique menée de concert par le Grand patronat avec les encouragements du pouvoir présidentiel Sarkozyste.
Monsieur le préfet,
J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur la situation de l’entreprise Bosal située à Annezin les Béthune qui est sur le point de fermer en laissant 386 salariés et leurs familles sur le carreau. Comme vous le savez je suis intervenu à plusieurs reprises au Sénat sur la situation de la filière automobile et sur le plan automobile décidé par le gouvernement pour soutenir les constructeurs et les équipementiers. Vendredi dernier j’interpellais le préfet de région sur ces mêmes questions en insistant particulièrement sur la situation d’abandon que subissait l’ensemble de la filière automobile du Nord Pas de Calais. Le cas de l’entreprise Bosal est cependant exemplaire et illustre concrètement la stratégie réelle des grands constructeurs de l’automobile qui ont empoché des milliards d’euros officiellement attribués pour soutenir le secteur dans son ensemble, équipementiers et sous-traitants compris. Le conflit dure depuis plusieurs semaines et l’objectif de sortie de crise passait par l’organisation d’une table ronde entre les différents partenaires impliqués dans ce dossier ( direction de l’entreprise, donneurs d’ordres, élus, Pouvoirs publics, syndicats). Une réunion était effectivement programmée et je souligne que les syndicats avaient décidé, selon mes informations, de ne pas y participer afin de « faciliter la venue des constructeurs ». Ils montraient ainsi, à l’évidence, leur volonté d’aboutir à une issue positive de cette crise. Les constructeurs n’ont pas daigné participer à cette réunion, à laquelle ils étaient invités. Ils affichaient ainsi leur mépris à l’égard des différentes instances présentes à cette réunion, pouvoirs publics compris. Renault S.A a bénéficié d’aides financières publiques considérables. l’État, bien que minoritaire est toujours actionnaire de ce groupe, je vous demande donc de bien vouloir user de votre influence afin : - d’organiser, de manière coercitive si il le faut, une ultime table ronde avec l’ensemble des acteurs concernés.
- d’user du pouvoir qui est le vôtre pour que la direction de Renault joue pleinement son rôle de donneur d’ordres en confirmant par exemple ses contrats avec son équipementier régional.
- D’engager toutes les actions susceptibles de favoriser un véritable plan de reprise de l’entreprise en exigeant que les deux groupes à l’origine de cet état de fait assument leur responsabilité
Il ya donc urgence d’agir et d’intervenir pour assurer la pérennité de ce site qui je le rappelle reste compétitif sur le plan technique et industriel. Je suis bien entendu disponible pour tout contact que vous jugerez utile et ce dans le but d’organiser rapidement une rencontre avec l’ensemble des interlocuteurs. Je vous prie d’agréer, monsieur le Préfet, l’expression de mes sentiments distingués.
Jean-Claude DANGLOT Sénateur du Pas de Calais.


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